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« Les taux négatifs ne sont pas forcément une mauvaise chose » (Amaïka AM)
information fournie par Boursorama 29/02/2016 à 15:21

Les taux négatifs, qui se voient de plus en plus dans les économies développées, peuvent être une bonne manière de relancer le crédit bancaire, rappelle David Kalfon (Amaïka AM).

Les taux négatifs, qui se voient de plus en plus dans les économies développées, peuvent être une bonne manière de relancer le crédit bancaire, rappelle David Kalfon (Amaïka AM).

Les taux négatifs sont redevenus un grand sujet de débat économique depuis quelques mois. Concernant les taux de dépôt négatifs des établissements bancaires auprès de leur banque centrale, David Kalfon (Amaïka AM) affirme que cela n'est « pas forcément une mauvaise chose ».

Le fait que les taux d'intérêts réels soient devenus négatifs ne constitue pas forcément une mauvaise chose. Certes, cette situation est de nature à peser sur les marges des banques. Du moins de celles qui préfèreraient perdre de l'argent en confiant leurs liquidités à la BCE plutôt que de les réinjecter dans le circuit économique.

En réalité, cette configuration exceptionnelle de la courbe des taux pourrait s'avérer bénéfique en cela qu'elle inciterait les établissements bancaires à endosser leurs responsabilités en redistribuant leurs abondantes réserves de cash sous forme de prêts à l'économie. Surtout à un moment où le loyer de l'argent n'a jamais été aussi bas.

Après s'être substituées pendant plus de cinq ans aux Etats, incapables de de jouer leur rôle d'acteur contra-cyclique en amorçant un plan de relance budgétaire ou en diminuant les impôts, les banques centrales ne peuvent plus agir seules.

Dans un climat anxiogène alimenté par la faiblesse des cours du pétrole, la situation économique en Chine et plus récemment des statistiques inquiétantes aux Etats-Unis, les marchés ne pourront pas se contenter éternellement de rester sous perfusion à coups de politiques monétaires accommodantes.

La volatilité restera de mise tant que les investisseurs ne verront pas poindre l'espoir de voir l'économie de la zone euro se redresser sous l'impulsion d'un vrai programme de relance comme, par exemple, celui de Jean-Claude Juncker. Le président de la Commission Européenne a présenté un plan il y a déjà plus d'un an, portant sur une enveloppe de 315 milliards d'euros, allouée à des investissements d'infrastructures pour 240 milliards d'euros et au financement des PME pour les 75 milliards restant.

Ce plan a beau avoir été raillé à de nombreuses reprises par les observateurs pour son manque d'ambition comparé aux 19.000 milliards d'euros de PIB de l'Union Européenne, il présentait au moins l'avantage de proposer une relance par l'investissement après plusieurs années placées sous le signe de la sanction et l'austérité.

Au-delà du plan Juncker, l'heure est aux grandes réformes structurelles et aux lancements de grands chantiers d'envergure, seuls vrais garants de créations d'emplois, de maintien du moral des ménages et in extenso de croissance économique.

Les sources de financement ne manquent pas et les poches des banques sont pleines. Espérons que les ministres des finances et les banquiers centraux des membres du G20, qui se sont réunis à Shanghaï ce week-end sans parvenir à un consensus, finissent à terme par abonder dans ce sens.

C'est en tout cas ce que nous appelons de nos vœux pour permettre d'envisager un avenir plus serein, qui ne serait plus celui de marchés financiers artificiellement soutenus par un océan de liquidités où l'argent placé finit par coûter au lieu de rapporter.

David Kalfon , président-fondateur d'Amaïka AM

A lire également sur le même sujet :

22 février : Les taux négatifs peuvent-ils être la future arme de la Fed ? (Aurel BGC)

2 février : « Taux d'intérêt négatifs : une solution pour casser la spirale de la déflation ? » (Cercle des économistes)

2 commentaires

  • 29 février 15:43

    L'auteur oublie une donnee fondamentale du systeme bancaire: avec la preponderance des regulateurs, les banques sont OBLIGEES de placer de plus en plus de ressources dans les bons du tresors et autres actifs "sans risque", laisser du cash sur des comptes (capital buffer) etc etc... Autant d'argent qu'ils ne peuvent preter aux acteurs economiques. Par ailleurs, avec des taux bas, la marge sur credit est plus faible, donc la couverture/mutualisation des risques de defaut est plus difficile...


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